Veille digitale N°6 – l’effet Phénix dans le monde digital –

veille Digitale
  • Partager

Bonjour à tous et bienvenue sur cette veille digitale N°6.

Au programme aujourd’hui, nous allons vous parler de ces marques digitales qui, après avoir été des leaders du monde digital, se sont laissé dépasser par les innovations pour aujourd’hui tenter un come back fracassant.

Dans un article publié sur le journal du net, Gregory Pouy , présentait cette tendance comme l’effet « Travolta », ou la capacité des marques à renaître et revenir sur le marché quand on les croyait mortes.

Cette thématique n’est pas liée au monde d’internet, chaque entreprise peut, à l’instar des acteurs hollywoodiens, connaître une traversée du désert. Ainsi, avant de devenir le monstre qu’il est aujourd’hui, Apple a connu une véritable descente aux enfers de 1985 à 1997 .

Dans le monde d’internet, d’autre marques ont connu des crises similaires et tentent aujourd’hui de signer un come back aussi fulgurant qu’efficace.

1) Google+

S’il est évident que Google n’est pas un phénix qui a eu besoin de renaître de ses cendres pour exister dans l’écosystème économique numérique, il est néanmoins clair que la dimension sociale du géant américain a connu quelques épisodes houleux.

Dès 2004 avec Orkut, Google s’est lancé sur le segment du social média, ont suivi Dodgeball, Jaiku, Google wave & Google Buzz. Tous ces projets développés ou intégrés dans la galaxie Google ont connu plus ou moins la même destinée avec un échec pur et simple en termes d’utilisation par les internautes.

Il convient cependant de préciser que cet acharnement tend à montrer la compréhension des équipes dirigeantes de Google sur les possibilités de développement du social média et des potentiels leviers de business que ces stratégies pouvaient provoquer, et ce, depuis 2004.

Bref, il aura fallu du temps pour que Google trouve la solution adaptée, différenciante vis-à-vis de Facebook et Twitter. Ce fut réussi avec le lancement de Google+ en Juin 2011.

Après 1 an et demi de fonctionnement, il est possible de dire qu’à la fois en termes d’engagement et d’usage, le succès est au rendez-vous pour le géant américain.

Comme le montre l’infographie ci-dessous, le réseau a su capter une audience et diversifier les rendez-vous pour se positionner comme une alternative à Facebook. Confirmation en 2013 ?

google-plus-infographie1

2) MySpace

Toujours sur la thématique du Social Média, intéressons-nous maintenant à MySpace, le réseau social de musique, créé en Aout 2003.

Lors de sa création, l’idée était de proposer une plateforme où chaque membre pourrait se créer un profil pour afficher ses gouts musicaux et échanger des musiques, et des informations diverses. Dans un contexte web en pleine explosion, ce site a représenté un véritable bouleversement de l’écosystème digital à tel point qu’en 2005, c’était le 4ème site web le plus visité au monde, derrière Yahoo!, AOL, et MSN mais devant eBay & Facebook.

En 2005, l’homme d’affaire Rupert Murdoch rachète le site pour près de 580 millions de dollars. A cette époque, « Si Myspace était un pays, il serait le 5e pays le plus important au monde en termes de population, tout juste entre l’Indonésie et le Brésil » déclaraient Karl Fish, Scott McLeod & Jeff Brenman dans leurs vidéo Didyouknow

En 2008, il y avait plus de 230 millions d’utilisateurs actifs sur ce réseau.
Oui mais voila, Facebook a débarqué et a tout révolutionné sur son passage : engagement, régularité, réseau, photos, vidéos… tout ce qui faisait le social média auparavant a été réinventé pour faire place à de nouveaux usages estampillés Facebook. Toutes les tentatives de remise en question n’y firent rien. MySpace est devenu une ville fantôme.

C’est dans ce contexte que MySpace a connu une véritable chute vertigineuse, à tel point qu’en juin 2011, Rupert Murdoch bradait le site à 35 millions de dollars (16 fois moins que le prix d’acquisition de 2005) à la régie californienne Specific Media.

Oui mais voilà, MySpace était certes en difficulté, mais il n’était pas mort pour autant. Avec la participation de Justin Timberlake, partie prenante au projet du NewMySpace, celui-ci commence à renaître de ses cendres.

Avec un nouveau design, une nouvelle interface plus dynamique plus en phase avec son époque, le site a procédé à un véritable nouveau départ et ne demande qu’à proposer une alternative musicale aux géants du social média que sont Facebook, Google+ & Twitter.

Alors succès ou ultime tentative, il faut noter que la vraie communauté de Fans inconditionnels du MySpace 1ère génération n’a jamais pu trouver d’équivalence dans Facebook et n’a pu que constater la décrépitude de l’ancien site. Reste à savoir si ces fans seront suffisamment fidèles pour revenir sur cette plateforme et lui permettre de retrouver sa puissance de 2005.

3) A la poursuite d’Apple et d’Androïd

Dans le monde du digital et des médias il y a en permanence des évolutions de technologie & de services. Mais en termes de véritable révolution du marché, les cas se comptent sur les doigts d’une main. Ces 10 dernières années, la révolution qui a vraiment marqué l’ensemble de la société est sans conteste l’apparition de l’iPhone et des périphériques tactiles. Cette révolution a été à l’origine du bouleversement des usages mobiles (jeux, applications), elle a favorisé l’explosion du social média, a engendré l’émergence d’un nouveau marché publicitaire, a permis le développement des tablettes.

Mais le problème des révolutions c’est qu’il faut savoir prendre le train du changement au bon moment sous peine d’être totalement dépassé. C’est ce qu’ont vécu Nokia & Blackberry.

–> Nokia

Pour Nokia, l’une des principales erreurs a été de ne pas croire aux possibilités qu’offrait le tactile. Pourtant en 2008, Nokia représentait 45% du marché mobile ; en aout 2008, les Finlandais lançaient l’Ovi Store qui constituait l’un des premiers portails de téléchargement d’applications pour mobile. Mais avec l’émergence des Smartphones, les périphériques proposés devenaient obsolètes et Nokia ne réussissait pas à endiguer la fuite des utilisateurs vers les marques concurrentes. L’arrivée d’Android en 2009 n’a fait que renforcer cette tendance.

Mais Nokia n’est pas mort pour autant. Au contraire, ils se sont recentrés sur leurs activités principales à savoir la création de téléphones mobiles, mettant de coté les activités de développement de software connu sous le nom de Symbian pour faire confiance aux programmes de Microsoft (Windows Phone).

La sortie de la collection Lumia en Novembre 2011 pourrait marquer le début de la reconquête même si les résultats économiques de la marque finlandaise à fin 2012 montrent qu’il reste encore beaucoup de chemins.

–> BlackBerry

Contrairement aux idées reçues, Blackberry n’est que le nom du téléphone, produit par Research In Motion, une compagnie canadienne. Ces téléphones ont connu un véritable succès, surtout dans le monde professionnel, car c’étaient les premiers à permettre la réception d’e-mails sur le téléphone portable. Ils étaient également les seuls à permettre la lecture de tous les documents word, excel, powerpoint, pdf…

Bref, avant l’apparition de l’iPhone, les Blackberry étaient les téléphones d’entreprises par excellence. Avec plus de 13% de part de marché en 2008, il représentait une alternative sérieuse à Nokia.

Mais comme le dit Gregory Pouy « Ils se sont trompés tellement de fois que ça fait presque mal au cœur », que ce soit sur la possibilité de création d’applications par les utilisateurs, le tactile, les claviers, les interfaces, la sécurité… Rim (Research In Motion) a connu une décennie compliquée entrainant une chute des ventes et des usages de leurs téléphones.

Maintenant, rien n’est perdu, de nombreuses entreprises sont restées fidèles à la marque canadienne. En effet, les Blackberry, certes moins complets que les concurrents, permettaient surtout de restreindre les applications « jeux & loisirs » et donc de limiter l’usage du téléphone à une activité purement professionnel. D’un autre coté, la sortie du nouvel OS & téléphone connu sous le nom de Blackberry 10 devrait redistribuer les cartes pour le grand public. Car en termes d’utilisation, ils ont réussi à mixer les spécificités d’Apple et d’Androïd au sein d’une interface intelligente. Surtout que l’autre limite structurelle de Blackberry reposait sur le manque d’applications développées, chose qui devrait être compensée par le partenariat établi avec Androïd pour favoriser la compatibilité des applications entre les OS.

Ils ont mis le temps mais ils ont compris. Reste à espérer pour eux que ce ne soit pas trop tard.

4) Yahoo !

Au début d’internet était Yahoo ! Le premier mastodonte de l’ère digitale. Le premier moteur de recherche à proposer un agrégat de résultats classés selon des critères de pertinence.

Crée en 1995 à Stanford par 2 étudiants, ce service a rapidement prospéré pour agréger de nombreuses solutions de mail, d’actualité, de blocs notes, de calendrier, de messagerie instantanée…

Pour les observateurs du monde numérique de cette époque, la probabilité de voir un jour Google dépasser le colosse Yahoo semblait bien faible. Pourtant c’est ce qu’il s’est passé.

Malgré le rachat et l’exploitation de sites à très fort potentiel comme FlickR, force est de constater que le groupe américain n’a pas réussi le second virage d’internet. Après une progression fulgurante de 2003 à 2005, les résultats ont chuté. Clairement, malgré des services intéressants, des développements cohérents et une vision tournée vers l’utilisateur, Yahoo ! a souffert de l’ombre toujours plus écrasante de Google.

Néanmoins, la volonté de changer la donne est forte chez Yahoo ! et le recrutement l’été dernier de Marissa Mayer, ancienne vice-présidente de Google (pendant 13 ans dans la direction de Google), pourrait faire évoluer la situation de manière assez fulgurante.

Affaire à suivre…

Avant de terminer, petite anecdote originale, il faut savoir que jusqu’en 2004, année de création de la Yahoo Search Technologie (YST), Yahoo utilisait les résultats fournis par la technologie de … Google.

5) Dell

Avant de conclure cette veille, grosse actualité sur le marché du digital. Cette semaine, Michael Dell a annoncé avoir racheté l’entreprise éponyme.
Il l’avait fondé dans sa chambre de fac en 1984. Par la suite, Dell a grandi jusqu’à devenir à la fin des années 1980 le plus grand vendeur de PC des Etats-Unis en 1999 (position conservée jusqu’en 2002, année pendant laquelle HP est passé devant). Dell avait été introduit en bourse en 2004 permettant capitalisation boursière de 30 millions de dollars.

Alors certes, Dell est loin d’être en difficulté puisque ce groupe, qui détient toujours la 3ème place du marché mondial de l’informatique, est dorénavant valorisé à 24 milliards de dollars. Néanmoins, cette modification structurelle de capitaux permettra à la fois aux équipes dirigeantes de subir moins de pression de la part d’un actionnariat toujours en recherche de profit, mais également de gagner une indépendance vis-à-vis des marchés financiers toujours aussi instables en ce début d’année 2013. De plus, au vu de l’intégration de Microsoft dans ce rachat, il y a fort à parier que la relation entre les deux entreprises se confirme dans la déclinaison de périphériques mobiles & tablettes.

Ces deux éléments devraient permettre de relancer une entreprise qui semblait connaître un certain ralentissement notamment sur le segment des tablettes.

Conclusion

Il existe évidemment d’autre exemples d’entreprises ayant montré leur capacité à rebondir après une série d’échec. Et c’est justement cela qui est véritablement passionnant.

Dans un écosystème en permanente évolution, tout reste toujours possible, même si la durée de vie des grandes entreprises s’est vue réduite depuis Internet, cela reste toujours d’actualité.

On se retrouve dans 15 jours pour une nouvelle veille digitale. En attendant n’hésitez pas à réagir sur nos articles.

Bonne fin de journée

Jérôme

Ajouter votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

We are suffering from a strong advertising addiction !

© 2014 AdsAddict
Fièrement propulsé par WordPress

Réalisation : Pierre-Christian Mener