Veille digitale #10 – Quel avenir pour le web social ?

veille Digitale
  • Partager

Bonjour à tous et bienvenue sur cette veille digitale n°10 consacrée au social média.

Aujourd’hui nous allons essayer de nous détacher un peu de l’habituelle analyse sur la complexité de l’écosystème social et sur les usages toujours plus ancrés dans notre quotidien pour proposer notre vision prospective de ce que deviendra le social média.

Ainsi dans chaque partie décrite ci-après, je présenterai quelques scénarios, et formulerai des hypothèses un peu différentes.

L’idée est de proposer des pistes de réflexions, un peu comme dans « l’arbre des possibles » de B.Werber.

1) Plateforme

nexgate-social-media-287x331

On commence tout de suite avec les plateformes sociales. Quel avenir pour les plateformes sociales, pour les sites comme Facebook, Twitter, linkedIn… et toutes ces interfaces qui permettent aux individus de se retrouver en fonction de leurs affinités.

Ces plateformes vont devoir évoluer.

En effet, non seulement, elles se doivent d’être toujours innovantes pour s’adapter aux usages toujours plus variés. Mais surtout, il semblerait qu’après 10 ans de croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs et des envies de connectivité, nous soyons arrivés à une forme de lassitude.

Je ne dis pas que nous connaissons une stagnation du marché social, ni que nous constatons un désamour de Facebook (le mot est trop fort et cette situation ne concerne pas uniquement Facebook).

Non, ce que je dis c’est qu’après avoir passé 10 ans à être demandeur de connexion avec ses pairs, à avoir envie de plus d’intégration de services et de gadgets dans les réseaux sociaux, nous voulons autre chose. Après 10 ans à aller vers les réseaux sociaux, il semblerait que dorénavant ce soit aux plateformes d’aller vers les internautes.

Cet élément est, je pense, une conséquence de l’émergence du marché du mobile. Nous passons moins de temps sur nos ordinateurs et nous sommes soumis à une multitude d’applications, sur tous les OS. Donc quel est l’intérêt de passer mon temps sur un site ou une application sociale qui m’empêche de faire autre chose ? Ce que je veux maintenant c’est pouvoir utiliser mon smartphone ou ma tablette, tout en étant connecté.

En proposant « Home », Facebook semble avoir compris que le plus important n’est pas l’application ni le support social mais les fonctionnalités qu’ils apportent. Pouvoir être connecté sans aller sur l’interface Facebook.

Suite à cela, une autre question se pose. Si nous n’allons plus sur les plateformes sociales mais que celles-ci fonctionnent en « tache de fond » sur nos machines, mobiles, tablettes, alors quelles plateformes choisir ? Et existe-t il encore de la place pour Facebook, twitter, myspace, linkedIn… et toutes les autres composantes de l’écosystème social actuel ?

Sur cet élément, il me semble plus compliqué de se positionner. A l’heure actuelle, Facebook truste la première place du podium et de loin. Néanmoins, de nombreux challengers progressent rapidement et surtout nous pouvons constater un ralentissement de la courbe de croissance de Facebook. D’autre part, il est difficile de prédire l’avenir de méga structure comme celle-là. Qui aurait pu prédire en 2000 que Google allait devenir un géant et détrôner Yahoo! ? Il en est de même pour les réseaux sociaux. Néanmoins, je pense que d’ici quelques années, nous assisterons à une rationalisation du nombre de plateformes.

En effet, même si il y aura toujours des challengers et des plateformes plus implantées régionalement, je ne suis pas sur que Facebook, Google+, Twitter, Bebo… puissent cohabiter longtemps sans se cannibaliser leurs audiences.

Pour terminer sur la question de l’avenir des plateformes sociales, s’il est possible d’être connecté sans aller sur le réseau, et s’il y a une rationalisation du nombre d’acteurs sur le marché, alors l’avenir du réseau social n’est-il pas de devenir un outil CRM hyper efficace pour les marques ?

Autrement dit, si la plateforme perd de sa visibilité, elle garde toujours son aspect data et informations sur les profils des internautes. Et ainsi, via les modules Sign-on (facebook connect, twitter connect) elle permet à chaque internaute de se créer un espace personnel sur les sites de marques.

Comme l’explique Yann Gourvennec (Director Web, Digital & Social Media @ Orange Group) sur son blog « Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, et bien que je n’utilise pas beaucoup Facebook proprement dit, le Facebook connect est devenu mon Single Sign-on, à tel point que je suis connecté toute la journée via mon navigateur Firefox ».

Donc on passe peut être moins de temps sur les réseaux sociaux mais ceux-ci deviennent la clé d’entrée vers les autres espaces sociaux. Un super CRM qui permet un transfert direct des informations de profil vers les entreprises (bien entendu, nous parlons ici des informations marketing légales et non des données confidentielles de chaque profil. On peut récupérer les informations statistiques globales).

2) Usage

Abordons maintenant le coté usage. En effet, les réseaux sociaux ont pris depuis 10 ans une place prépondérante dans nos vies.

Aujourd’hui, 75% des internautes français utilisent au moins un réseau social par mois, 1 être humain sur 7 à un compte Facebook. Twitter est devenu une source d’information pour les journalistes. Le tweet de Barack Obama lors de sa réélection a été retweeté plus de 800 000 fois.

Capture d’écran 2013-05-06 à 22.40.18

Les réseaux sociaux ont crée des nouveaux usages de la technologie en nous invitant à partager, à diffuser et à créer de l’information. Tout individu peut désormais prendre la posture d’un média.

Néanmoins, face à ces constats se posent plusieurs questions qui orienteront, je pense, l’évolution des usages sociaux. Est-il nécessaire d’être connecté en permanence ? Pouvons-nous vivre déconnectés ?

La première question concerne l’attitude face à la connectivité. Dans les pays asiatiques, souvent précurseur des nouveaux usages sur le digital, nous avons pu constater des phénomènes d’addiction et de dépendance aux réseaux sociaux depuis quelques années. Ces pratiques addictives se sont depuis rependues et concernent l’ensemble des populations développées.

Il convient cependant de différencier 2 éléments que sont l’addiction et la connexion. En effet, l’addiction revêt un caractère d’activité alors qu’il est tout à fait possible d’être connecté passivement.

Je pense que la différence entre ces 2 éléments est principalement générationnelle. Les générations dites de « digital natives » sont beaucoup plus liées aux technologies de la communication que leurs ainés et ont une attitude plus active dans leur comportement média, ce qui pourrait amener à des conduites addictives. Face à cela, les autres générations, plus passives dans leurs attitudes sociales tout en restant connectées sur les réseaux sociaux, prennent plus de distance et sont d’avantage dans la connexion.

Ainsi quand les jeunes générations (génération X) tendront à devenir de plus en plus dépendant & accro (Actif) aux réseaux sociaux, les autres individus seront également hyper connectés mais passivement.

Ainsi, pour répondre à la question « Est-il nécessaire d’être connecté en permanence ? » je  dirais que non ce n’est pas nécessaire néanmoins, l’évolution du digital nous amènera à l’être de manière passive. Mon profil digital sera connecté à tous mes comptes, profils et espaces personnels et je serai connecté à mon profil digital via mon smartphone, tablette…

La seconde question concernait la connectivité elle-même. Est-il possible d’être déconnecté? Et je crains que la réponse ne satisfasse pas véritablement les anti-technologies. Il faut comprendre qu’à l’heure actuelle, de plus en plus de choses existent via le digital et le social média. Fini les années 2000 où le web était le territoire d’une minorité toujours grandissante. Aujourd’hui, le monde du digital et des réseaux sociaux est devenu un monde parallèle où tout est fait pour aider et améliorer la vie réelle. On peut désormais payer ses impôts en ligne, louer une maison via un facebook connect, faire ses courses alimentaires directement de son canapé, regarder une émission de télé sur sa tablette et en discuter avec l’ensemble des autres téléspectateurs…

Les réseaux sociaux ont permis une amélioration de nombreux services en les rendant disponibles à toute heure du jour et de la nuit, sans aucune contrainte.

D’autre part, la facilité de création de facebook connect, twitter connect etc… amène les marques à utiliser les réseaux sociaux pour récupérer un maximum d’informations sur les consommateurs. Elles ont donc tout intérêt à pousser les consommateurs à utiliser les réseaux sociaux.

 Le dernier élément relatif aux usages concerne la gestion des profils. Comment gérer les multiples personnalités que l’on peut présenter sur les différents réseaux sociaux. J’entends par là que les éléments mis en avant sur LinkedIn sont très professionnels, sur Twitter, c’est d’avantage conversationnel, sur Facebook c’est personnel, sur MySpace c’est culturel (c’est une généralisation volontaire pour montrer la multiplicité des profils). Face à tous ces profils, et à l’augmentation de la place du social média, ne risque-t-on pas de tomber dans une sorte de schizophrénie sociale ? Comment évoluer dans ses différents profils sans créer de dichotomie entre le moi social & digital et le moi réel ?

3) Publicité

1015252-creer-et-optimiser-une-campagne-publicitaire-sur-facebook

On continue avec l’aspect publicitaire du social média. Après avoir réunis des utilisateurs et avoir créé des usages, l’une des questions qui s’est posée concernait la monétisation des audiences.  Et face à cela, il y a eu plusieurs tentatives différentes (publicité ciblée selon les critères sociodémographiques et les gouts,  fidélisation sur les pages de marque, publicité au format vidéo…)

Selon nous, la publicité sur les réseaux sociaux continuera à s’articuler autours de 2 éléments. D’un coté nous continuerons à avoir de la publicité traditionnelle (bannières, pavés etc) répondant à des objectifs de visibilité et de branding assez classique comme sur n’importe quel site web.

Et de l’autre côté, nous aurons des stratégies plus innovantes. Car je ne pense pas que la pub ait perdu de son intérêt pour les internautes, mais seulement perdu de son efficacité. Comme expliqué dans le paragraphe sur les plateformes, je pense que la force du social média se situe dans l’aspect CRM des informations que les marques peuvent avoir sur leurs consommateurs. Ces informations ont un rôle à jouer dans une utilisation publicitaire. Dorénavant, les internautes veulent des contenus personnalisés & exclusifs, veulent du dialogue, et surtout veulent du divertissement. Plus uniquement un mail personnalisé au moment de son anniversaire, ou un message commun parce qu’on a liké une page.

Quand on regarde les opérations de communication qui ont fonctionné dernièrement sur les réseaux sociaux, les plus grands succès sont à mettre au crédit des marques qui ont réussi à créer une interaction avec leurs clients. Que ce soit Oasis avec ses sagas sur les fruits, les bébés d’Evian, le retour des Daft Punk, toutes ses opérations ont comme point commun d’apporter quelque chose à l’internaute. Le consommateur ne doit plus être vu uniquement comme un client.

En faisant cette conclusion, j’ai un peu l’impression d’enfoncer une porte ouverte en disant que pour réussir sur le social média, il faut créer de l’interaction entre les marques et les internautes. Mais le sens de cette idée est d’avantage axé sur la réflexion originelle du social média. Pourquoi, nous, en tant qu’individu, nous allons sur les réseaux sociaux ? Pour dialoguer, partager, échanger… Et c’est cette posture que doivent adopter les marques. La communication doit se faire dans les deux sens.

On connaît tous des gens qui aiment parler et être écouter mais qui ne veulent pas écouter les autres. Et bien c’est exactement la posture que les marques ne doivent pas adopter.

Bref, la publicité sur les plateformes sociales ne pourra pas disparaître car là où il y a des consommateurs, les marques continueront de s’exprimer. Néanmoins, pour reconquérir l’efficacité publicitaire sur ces environnements « hostiles », il est important de repenser sa posture communicative pour essayer d’être d’avantage à l’écoute. Un peu comme Oasis qui n’hésite pas à diffuser sur sa fanpage Facebook la création publicitaire d’une fan de la marque à l’occasion de l’élection du pape (création de Chloé Ravau @DelaRavautiere)

601608_499445363423859_1488925369_n

Conclusion

Pour conclure, j’ai essayé de vous proposer ma vision de l’évolution des réseaux sociaux. Je pense que ces plateformes seront amenées à évoluer car après avoir créé de nouveaux usages, elles devront désormais s’y adapter. Les internautes voudront, je pense, avoir la possibilité d’être connecté en permanence sans avoir à aller sur les plateformes sociales.

D’autre part, J’ai essayé d’aborder cette veille quasi-exclusivement du coté utilisateurs et non des marques. Je n’ai volontairement pas traité de l’impact des réseaux sociaux sur le fonctionnement des entreprises dans leur communication, dans leur organisation et dans leur fonctionnement. En revanche, j’ai abordé l’impact du social média dans les relations des individus avec les marques car cet élément me semblait lié à l’utilisation et  l’évolution à venir des réseaux sociaux.

Que ce soit vers plus d’intégration dans les sites de marques, vers plus de socialisation des individus ou vers plus d’échanges entre les différentes plateformes,  il est évident que les 10 prochaines années seront toutes aussi importantes d’un point de vue social & humain que les 10 années qui viennent de s’écouler.

Enfin d’un point de vue publicitaire, la décennie à venir sera sans doute marquée par un renforcement des stratégies sociales des marques sur le digital. Après avoir identifié les vecteurs de réussite sur le social média (dialogue, communication, engagement, contenus), il convient maintenant d’adapter le fonctionnement des organisations pour répondre à ces nouveaux usages. Mais ce sera sans doute l’objet d’une veille future.

Pour terminer sur cette veille sur le social média, je vous invite à regarder ce reportage réalisé par Paul Miller, journaliste américain qui a essayé de se déconnecter d’internet pendant 1 an. L’impact des technologies et des réseaux sociaux sur notre manière de vivre est décrit de manière très intéressante et complète. Une belle expérience humaine partagée ici.

Je reste bien entendu à votre disposition si vous avez des remarques sur cette publication.

Bonne journée à tous

Jérôme

 
 
 
 
Source:
 

http://gregorypouy.blogs.com/marketing/2013/04/facebook-home-contexte-enjeux-et-implications-pour-les-marques-.html

http://gregorypouy.blogs.com/marketing/2013/04/facebook-home-va-t-il-pr%C3%A9cipiter-la-fin-du-web-social-.html

http://visionary.wordpress.com/2013/04/09/quelques-reflexions-a-froid-sur-la-fatigue-facebook-et-facebook-home/

http://gregorypouy.blogs.com/marketing/2012/10/ma-tribune-pour-le-figaro-r%C3%A9seaux-sociaux-vivons-cach%C3%A9s-mais-connect%C3%A9s-.html

http://gregorypouy.blogs.com/marketing/2013/04/linfluence-est-elle-une-farce.html

http://blog.tcrouzet.com/jai-debranche/

http://hush-hush-fr.com/2013/04/17/retour-a-la-nature/

http://www.demainlaveille.fr/2013/04/15/klout-kred-peerindex-cest-du-bullshit/

http://www.presse-citron.net/sur-facebook-le-spot-video-couterait-1-million-de-dollars

http://frenchweb.fr/infographie-les-chiffres-de-la-publicite-sur-facebook/112673

http://www.slate.fr/story/49753/HIGH-TECH-thierry-crouzet-internet-retraite-addiction-debranche

http://www.zdnet.fr/actualites/general-motors-juge-la-publicite-sur-facebook-inefficace-39771784.htm

http://geeko.lesoir.be/2013/03/14/habemus-papaye/

http://www.senseimarketing.com/influencemarketingstudy2013-PR/

http://www.blogdumoderateur.com/resultats-financiers-trafic-facebook/

http://www.france24.com/fr/20130503-peut-on-vivre-an-internet-paul-miller-the-verge-experience

http://www.socialbakers.com/

Ajouter votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

We are suffering from a strong advertising addiction !

© 2014 AdsAddict
Fièrement propulsé par WordPress

Réalisation : Pierre-Christian Mener